Dysorthographie ou dysgraphie : comment les distinguer ?
Dysorthographie et dysgraphie sont deux troubles de l’écriture qui sont souvent confondus — parfois même par des professionnels peu familiarisés avec ces distinctions. Pourtant, ils ne touchent pas le même aspect de l’écriture et ne nécessitent pas les mêmes approches thérapeutiques.
La dysorthographie : un trouble du contenu orthographique
La dysorthographie touche le contenu orthographique de l’écriture — la façon dont les mots sont épelés, les règles grammaticales appliquées, les homophones différenciés. L’enfant dysorthographique sait généralement écrire les lettres de façon lisible — mais les mots qu’il écrit contiennent de nombreuses erreurs orthographiques et grammaticales persistantes. Son écriture peut être parfaitement lisible et bien formée visuellement, mais truffée de fautes.
La dysgraphie : un trouble du geste graphique
La dysgraphie, elle, touche le geste graphique lui-même — la façon dont les lettres sont tracées sur le papier. Un enfant dysgraphique écrit de façon lente, laborieuse, illisible ou irrégulière — non pas parce qu’il manque d’effort, mais parce que le geste d’écriture ne s’automatise pas normalement. Son orthographe peut être correcte — mais son écriture est difficile à déchiffrer, ses lettres sont mal formées, ses lignes irrégulières.
Ce qui les différencie concrètement
La distinction la plus simple : si l’enfant peut taper au clavier de façon orthographiquement correcte mais que son écriture manuscrite est illisible, c’est plutôt une dysgraphie. Si son écriture manuscrite est lisible mais ses mots truffés de fautes y compris au clavier, c’est plutôt une dysorthographie. En pratique, les deux troubles coexistent fréquemment — notamment chez les enfants qui présentent aussi une dyspraxie.
Des prises en charge différentes
La dysorthographie est prise en charge par l’orthophoniste, qui travaille l’encodage phonologique et les compétences orthographiques. La dysgraphie relève davantage de l’ergothérapeute ou du psychomotricien, qui rééduquent le geste graphique et l’organisation spatiale. Lorsque les deux coexistent, les deux professionnels travaillent en coordination.
Comment différencier les deux lors du bilan ?
Le bilan orthophonique permet de distinguer dysorthographie et dysgraphie en évaluant séparément la qualité du tracé et la qualité de l’orthographe. Un bilan en ergothérapie peut compléter cette évaluation pour la dysgraphie. Pour trouver des professionnels spécialisés dans les deux troubles, lesdys.fr propose des ressources et un annuaire complet pour les familles.