Dysorthographie ou dyslexie : quelles différences ?
Dysorthographie et dyslexie sont deux troubles fréquemment confondus — et pour cause : ils partagent des mécanismes cognitifs communs et coexistent très souvent chez le même enfant. Pourtant, ils désignent des réalités distinctes. Comprendre leurs différences est essentiel pour orienter correctement le diagnostic et adapter la rééducation.
La dyslexie : un trouble de la lecture
La dyslexie est un trouble spécifique de l’apprentissage de la lecture — le décodage des mots écrits. Un enfant dyslexique lit de façon lente, laborieuse et imprécise, confond des lettres ou des syllabes, et peine à automatiser la reconnaissance des mots. Ses difficultés portent sur le sens lecture : des lettres vers les sons.
La dysorthographie : un trouble de l’écriture orthographique
La dysorthographie est un trouble spécifique de l’orthographe — l’encodage des mots à l’écrit. Un enfant dysorthographique fait des fautes d’orthographe nombreuses et persistantes malgré un enseignement régulier. Ses difficultés portent sur le sens écriture : des sons vers les lettres. Un enfant dysorthographique peut très bien lire — ses difficultés surgissent à l’écrit.
Des mécanismes communs qui expliquent leur association fréquente
Les deux troubles partagent une origine commune : un déficit phonologique — une difficulté à traiter les sons du langage de façon précise et stable. Ce déficit perturbe à la fois le décodage (lecture) et l’encodage (écriture) des mots. C’est pourquoi environ 60 à 80 % des enfants dyslexiques présentent également une dysorthographie. Cependant, il est possible d’avoir l’un sans l’autre — notamment une dysorthographie sans dyslexie, ce qui est plus fréquent qu’on ne le croit.
Peut-on être dysorthographique sans être dyslexique ?
Oui — et c’est une réalité souvent méconnue. Certains enfants lisent correctement — parfois même très bien — mais présentent une orthographe catastrophique. Chez ces enfants, le décodage (lecture) est automatisé, mais l’encodage (écriture) ne l’est pas. Ces enfants passent souvent sous les radars diagnostiques car leur lecture correcte masque leurs difficultés réelles à l’écrit.
Des prises en charge complémentaires
La rééducation orthophonique cible les deux troubles simultanément lorsqu’ils coexistent, mais avec des exercices spécifiques à chacun. Pour la dyslexie, on travaille intensivement la fluidité de lecture et la conscience phonologique. Pour la dysorthographie, on renforce la mémorisation des mots et l’automatisation des règles grammaticales. Pour tout comprendre sur les liens entre ces deux troubles, ladyslexie.fr propose des ressources détaillées sur la dyslexie et ses interactions avec les autres troubles DYS.