Témoignage : réussir avec la dysorthographie, le parcours de Thomas
Thomas a 26 ans. Diagnostiqué dysorthographique à l’âge de 9 ans, il a traversé une scolarité difficile avant de trouver sa voie dans l’ingénierie informatique. Il partage son parcours avec honnêteté et générosité pour les enfants et les familles qui vivent aujourd’hui ce qu’il a vécu.
« Les dictées étaient ma hantise »
Mes premiers souvenirs d’école, c’est la honte des dictées. Je voyais les autres enfants écrire sans effort, et moi j’avais beau me concentrer, les mots sortaient toujours truffés de fautes. L’enseignant me rendait mes copies avec du rouge partout. J’avais l’impression d’être stupide — alors que je comprenais tout, que je pouvais répondre à toutes les questions à l’oral, que j’adorais les maths. Mais l’orthographe, c’était comme un mur.
Mon diagnostic est arrivé en CM1, lors d’un bilan orthophonique. Ma mère avait insisté auprès du médecin malgré les réticences initiales. Quand l’orthophoniste nous a expliqué ce qu’était la dysorthographie, j’ai ressenti quelque chose d’étrange : du soulagement. Enfin une explication. Je n’étais pas stupide — mon cerveau fonctionnait différemment.
La rééducation orthophonique : trois ans de travail régulier
J’ai suivi une rééducation orthophonique pendant trois ans — une séance par semaine. Les exercices étaient réguliers, parfois fastidieux, mais l’orthophoniste savait les rendre supportables. Ce qui m’a le plus aidé, c’est qu’elle m’expliquait toujours le pourquoi des règles — pas seulement la règle brute. Comprendre la logique derrière l’orthographe française m’a permis de mémoriser plus efficacement.
Les progrès ont été lents mais réels. Entre le CM1 et la troisième, mes fautes ont diminué significativement. Elles n’ont pas disparu — elles ne disparaîtront jamais complètement — mais elles sont devenues gérables.
Le collège et le lycée : les outils qui ont tout changé
Au collège, j’ai découvert Antidote — le correcteur orthographique avancé. Ça a vraiment tout changé pour moi. Je pouvais enfin produire des textes de qualité sans passer des heures sur l’orthographe. Les professeurs voyaient mes idées plutôt que mes fautes. Mon orientation vers les filières scientifiques — où l’orthographe pèse moins dans les notes — a aussi été une bonne décision stratégique.
Aujourd’hui : ingénieur logiciel et fier de l’être
Aujourd’hui je suis ingénieur en développement logiciel. La dysorthographie ne m’empêche pas de travailler — les correcteurs automatiques font partie de mon workflow quotidien, comme pour beaucoup de mes collègues. Je fais encore des fautes dans mes e-mails — je les relis toujours deux fois — mais ça ne m’empêche pas de faire mon travail avec compétence et fierté.
Son message aux enfants dysorthographiques et à leurs parents
Ce que je veux dire à tous les enfants qui vivent ce que j’ai vécu : vous n’êtes pas stupides. Votre cerveau fonctionne différemment — et dans beaucoup de domaines, il fonctionne mieux. Trouvez vos forces et cultivez-les. Et aux parents : prenez le diagnostic au sérieux, mettez en place la rééducation rapidement, et ne laissez jamais votre enfant croire que ses fautes d’orthographe disent quelque chose de sa valeur. Pour des ressources et du soutien pour les familles DYS, lesdys.fr propose une communauté et des guides pratiques.