Dysorthographie et grammaire : les erreurs les plus fréquentes et comment les travailler
La dysorthographie ne touche pas seulement l’orthographe lexicale des mots — elle impacte aussi fortement la grammaire écrite. Certaines erreurs grammaticales sont caractéristiques de ce trouble et récurrentes malgré l’enseignement. Les identifier permet d’adapter la rééducation et les stratégies compensatoires de façon plus efficace.
Les homophones grammaticaux : la grande bataille
Les homophones grammaticaux — mots qui se prononcent identiquement mais s’écrivent différemment selon leur fonction — sont la source d’erreurs la plus fréquente dans la dysorthographie. Les paires les plus problématiques : a/à (verbe avoir vs préposition), et/est (conjonction vs verbe être), on/ont (pronom vs verbe avoir), son/sont (déterminant vs verbe être), ou/où (conjonction vs adverbe de lieu), ce/se (déterminant vs pronom réfléchi). Ces confusions persistent très longtemps malgré les corrections répétées, car elles nécessitent une analyse syntaxique automatisée qui ne s’automatise pas facilement dans la dysorthographie.
Les accords du groupe nominal
Les accords en genre et en nombre au sein du groupe nominal — « les petites filles » vs « les petit filles » — posent des difficultés importantes. L’enfant dysorthographique oublie fréquemment d’accorder le déterminant, l’adjectif et le nom entre eux, ou les accorde de façon incohérente au sein du même groupe. Ces erreurs résultent d’une difficulté à maintenir simultanément en mémoire de travail toutes les informations nécessaires à l’accord.
Les accords sujet-verbe
L’accord du verbe avec son sujet — notamment quand le sujet est éloigné du verbe ou quand la phrase est complexe — génère de nombreuses erreurs dans la dysorthographie. « Les enfants qui jouent dans la cour courent » peut devenir « Les enfants qui jouent dans la cour court » — l’enfant s’accordant avec « la cour » plutôt qu’avec « les enfants ».
Les formes verbales confondues
Les terminaisons verbales homophones — « -er » (infinitif) vs « -é » (participe passé) vs « -ez » (deuxième personne du pluriel) — sont sources d’erreurs récurrentes. De même, les formes de l’imparfait et du conditionnel, les terminaisons des verbes en -oir/-oire, et les formes irrégulières posent des difficultés persistantes.
Comment travailler ces erreurs efficacement
Pour travailler les erreurs grammaticales récurrentes, plusieurs approches sont efficaces. L’analyse syntaxique explicite — apprendre à identifier le sujet, le verbe et leurs relations avant d’écrire — aide à automatiser progressivement les accords corrects. Les aide-mémoire grammaticaux personnalisés — des fiches de référence avec les règles les plus difficiles — réduisent la charge mémorielle lors de la production écrite. Et la relecture ciblée — une relecture spécifiquement dédiée aux homophones, puis une autre aux accords — est plus efficace qu’une relecture globale. Pour des ressources sur la rééducation de la dysorthographie grammaticale, professionnelsdys.fr propose un annuaire d’orthophonistes spécialisés.